À l’initiative de Richard Bret, adjoint à la culture à la Mairie de Savigneux, le premier "Vendredi champêtre de l'étang" proposait aux peintres pleinairistes de profiter, pour installer leur chevalet, de la rive verdoyante de l'étang de Savigneux.
Parmi d'autres amis peintres sept tupins se sont retrouvés avec d'autant plus de plaisir que le soleil était de la fête ombragé par les beaux arbres du bord de l'eau aux couleurs changeantes.
Nos hôtes savignolais et attentionnés avaient prévu une pause gourmande entre deux coups de pinceaux.
Certaines œuvres seront terminées "en atelier", vous les verrez lors de l'exposition pour les journées du patrimoine au Prieuré de Champdieu en septembre.
Les Tupins remercient monsieur le Maire de Savigneux, Richard Bret et l'équipe municipale pour l'organisation très conviviale de ce bel après-midi, premier rendez-vous réussi d'une riche programmation d'animations des vendredis champêtres au bord de l'étang.
«Du grec phantasma, fantôme
et du grec agoreuein, allégorie».
Claude MEYNIER : Songe chimérique 50x60 acrylique
Les deux aspects seront évoqués: une
courte histoire de diable extraite d'un recueil d'Henri Pourrat et pour finir
un conte chinois pour illustrer l'allégorie.
Extrait du livre Le trésor des
contes d'Henri Pourrat.
Les deux cierges
Il y avait une fois, une bonne femme
qui, étant allée à l'église pour faire ses dévotions pris non
pas un cierge, mais deux cierges. Elle alluma l'un devant l'image de
Saint Michel, l'autre devant celle du diable qui se tord sous les
pieds du saint. Le curé passait à ce moment.
-Que faites-vous ma bonne femme? Ne
voyez vous pas que c'est au diable à qui vous mettez ce second
cierge?
Ha, monsieur le curé, répondit-elle,
savons-nous bien où nous irons?
J'ai toujours ouï dire que le meilleur
est bien d'avoir des amis en tout lieu.
L'exposition virtuelle habilement
conçue par Jean Valette donne à voir nos créations diverses et
inspirées.
Christiane CHEVALEYRE : "La dame blanche", 20P, huile.
Claude MEYNIER : Le fantôme du chateau, 38x46cm, acrylique.
Tomber les masques, des grains de folie
jetés sur le papier, peints sur des toiles, des pierres de lune, la
raison en hiver, gris cendré, brouillard épais en devenir, ferments
divins, émulsion d'imaginaires.
Théo ROSSLER : "Rustephan" (vieux manoir en ruine près de Pont-Aven en Bretagne) , peinture a l huile, 60x40 cm.,
Marie-Pierre BAYLE
Michèle LANDROT : "Gargouille du château de Blois", 30x40cm, aquarelle.
Des formes déformées, des
apparitions fantomatiques, des gargouilles, des spectres, des
trouvailles colorées, des masques de carnaval, visages bousculés,
en torsades, des émois colorés, figures d'illusion. Un rouge qui
éclate, fleur de sang, coquelicot d'hiver, des sorties d'outre
tombe.
Michel VALHORGUES : diptyque (40x80 cm , les ""ultras"" des supporters de football de l'ASSE, acrylique.
Marie-Pierre BAYLE
Jean VALETTE : "Fantasmagorie", 6 panneaux 27x22 cm combinables, ficelle, aquarelle, gravure dans gel liant.
Sous le maquillage, les trous de la
raison.
Passages et pâmoisons.
Un été en hiver, des joies confinées,
torsadées, entrelacées, tout emmêlées, mise en vue de nos
solitudes. Faire fi de la raison, goûter l'absurde, le transformer
en fantaisies pour nous amuser.
Anne-Marie REYNAUD : "Salt en musique" (Salt-en-Donzy), 42x62 cm, huile.
Anne GIRAUD : 50x65 cm sur papier, acrylique.
Anne-Marie REYNAUD : "La tourmente", château de Marcilly, 50x70cm, huile.
Le musée imaginaire des Tupins, un
Louvre de phantasmes.
Jean VALETTE : "La comédie humaine", 120x40cm, ficelle, aquarelle, gravure sur gel liant.
Une foule d'yeux s'extasie sur les
toiles d'araignées, nos rêves encombrés.
Christiane CHEVALEYRE : "Espoir", huile, 73x54cm.
Sortir de sa taverne mentale, dessiner,
peindre, mettre dehors des formes, les pousser à la rue, les plaquer
sur une toile et Jean en fera un musée, pour nous amuser.
Des riens du tout accrochés un peu
partout, avec jeune chien, tasse de thé et muffins sur table basse posés en souvenir des "tea time" de l'atelier.
Une foule d'yeux s'extasie sur
internet.
Célébrité de l'instant.
Toiles de nos rêves encombrés.
Marie-Henriette BORY : "El mundo según Pablo"40x50cm, collage, acrylique.
Jean-Claude VERNAY : Improvisation sur la pandémie, 16x22cm, aquarelle.
Monique SCALA : "Évasion", huile sur toile, 60x50cm.
«Nous
sommes tissés de fables» écrit Dany La Ferrière
dans l'Art presque perdu de ne rien faire..
Christiane DUCLOS : Mirage, 40x30cm, aquarelle.
le Miroir
chinois.
Le miroir est souvent l'accessoire du
songe.
Un paysan chinois se rendit à la ville
pour vendre son riz. Sa femme lui dit:
S'il te plaît, rapporte moi un
peigne.
A la ville, il vendit son riz et but de
l'alcool avec des compagnons. Au moment de repartir, le souvenir de
sa femme lui revint. Elle lui avait demandé quelque chose, mais
quoi? Impossible de se rappeler. Il acheta un miroir dans un magasin
pour femmes et revint au village.
Il donna le miroir à sa femme et
retourna aux champs. L'épouse se regarda dans le miroir et se mit à
pleurer. Sa mère lui demanda la raison de ses larmes.
La jeune femme lui tendit le miroir en
lui disant:
Mon mari a ramené madame
Seconde.
La mère à son tour prit le miroir, le
regarda et dit à sa fille:
Tu n'as pas à t'inquiéter, car
elle est déjà bien vieille.
Lydie DUCLOS : "Esprit, es-tu là ?" 20x60 cm, acrylique.
Lydie, pas à pas, nous invite dans la
galerie personnelle de ses portraits entre dévoilement, confidence
et aventures picturales.
«A
20 ans j’ai fait les Beaux arts de Saint-Étienne durant 3 années. 20
ans plus tard j’ai repris des cours, à la MJC en 2016. Je me suis
remise à peindre pour le plaisir et j’ai découvert l’huile….
c’est magique pour les portraits !! ».
Visage un silencieux langage!
Dévoilement incomplet et passager.
Jamais personne n'a vu directement son
propre visage.
Le
portrait, un dévoilement de la personne, impossible à connaître
sans l'aide d'un miroir ou d'un mirage.
Le visage est pour l'autre, pas pour
soi. Notre partie la plus vivante, la plus sensible que bon gré
malgré nous présentons à autrui. Notre Moi infiniment plus
révélateur que tout le reste du corps.
Contempler
un portrait est une rencontre par le silence, dans le mystère.
Bob
Marley réalisé en 2003 a l’âge de ma fille aînée.
Voici
son dernier portait avant une longue pose Vie de famille.
"One
Love, one Heart», juin 2003, 70x90 cm, encre de chine et acrylique
Le portrait a toujours eu une grande
place dans l'art pictural comme souvenir de la personne. Personna le
masque. L’Égypte ancienne et ses portraits funéraires nous émeuvent
par leur puissante évocation. Les mystica dans les peintures de
Pompéi et nous revoyons les images du film "Fellini Roma" où les grandes et augustes figures peintes découvertes lors du creusement du métro romain s'effacent doucement, douloureusement, irrémédiablement à la lumière du jour moderne.
Lydie
célèbre la jeunesse, la pureté et la beauté première des formes
jaillies du cœur même de la VIE.
Peindre,
un long apprentissage qui s'inscrit dans le temps et Lydie est toujours exigeante dans ses apprentissages.
"La
rêveuse»", janvier 2017, 46x55 cm, acrylique
Visage silencieux langage!
"Le
secret», février 2017 , 27x35 cm, acrylique et huile (utilisation de l'huile pour la première fois )
«Laisse
béton», mai 2017, acrylique et huile,
46x55 cm
"J’ai
un faible pour les portraits, je marche au coup de cœur.Par
le suite j’ai fait de l’accompagnement scolaire et social et
obtenu des diplômes d’Animatrice et de Monitrice Educatrice. J’ai
toujours utilisé mes compétences artistiques dans mes différents
postes (créations de décors, ateliers peinture…)".
"Blue" , novembre 2017, acrylique et
huile, 46x55 cm
"Au carré", février 2018 , acrylique et
huile, 46x55 cm
«Pureté», avril 2018, acrylique et huile, 40x40 cm
Le
visage, comme mesure de l'individu tout entier.
C'était
autrefois une métrique galloise, le prix du visage, don d'un plat ou
d'une plaque d'or de la grandeur du visage et de l'épaisseur d'un
doigt. C' était la somme payée à l'épousée après la
consommation du mariage dans le Morgengabe germanique. Le
morgengabe dans l'allemand ancien est le don du matin, il
pouvait consister en quelque lopin de terre ou une pièce
d'orfèvrerie.
Pour comprendre le visage, il faut de
la lenteur, de la patience, du respect, de l'amour.
" Malika" , juin 2018, acrylique,
40x 80 cm, huile et collage de tissu lors d'un stage tupin
avec Joé Okitawonya
Visage,
symbole du mystère, porte de l'invisible.
Le
portrait demande tout particulièrement cette rencontre attentive par
le silence.
"Touareg", novembre 2018, 46x55 cm, acrylique
et huile ( d’après
Etienne Dinet peintre orientaliste )
Lignes de profil, anguleuses comme des
éclairs, percée brusque à travers l'obscurité de la terre.
Éclat
de vie - éclat de joie - face à face - faire face pour ne pas
perdre la face.
"Joy" , février 2019, 46x55 cm, acrylique et
huile
Dans
les semaines à venir nous continuerons nos rencontres, nous
découvrirons bientôt d'autres trésors parmi les peintures de
Lydie, ses créations d'artiste peintre confirmée et talentueuse.
Peindre
et contempler, entrer dans le silence vibrant des images.