mercredi 28 février 2018

LE BOIS DES LUMIÈRES - DOMINIQUE TAILLANDIER

 
Le Bois des Lumières.



  Dominique peint, rapidement, au couteau, en larges gestes spontanés, à l'instinct.



« Les meilleurs souvenirs que j'ai c'est en peinture » confie Dominique dans un éclat de rire et un humour jouisseur. 

 Jour de pluie 
La peinture au couteau de  haut en bas permet de rendre de manière très réussie la transparence de la pluie.

  À dix huit ans, mes premières peintures. Je m'y suis remise plus tard et j'ai alors suivi les cours et les conseils de Denis Chéret pendant deux ans.
J’ai débuté à l’acrylique mais je peins à l’huile, au couteau, depuis une dizaine d’années, avec un toucher rapide, énergique, ce que je perds en détail je le gagne en spontanéité.

Plage normande
 
   J’aime l’huile pour ses couleurs lumineuses. Peindre dans le frais permet de faire évoluer le tableau au fil de sa construction et de créer des effets.

Montmartre 
  Des paysages imaginaires ou des vues urbaines à partir de photos, sur de grands formats 15 ou 20p. Quelques expositions en région Auvergne-Rhône-Alpes, Rochetaillé, St Galmier…   
La peinture me détend, m’apaise, me permet de m'évader sans quitter mon chez moi.

En Soi, un voyage intérieur en somme. 

Étang du Forez



  La lumière est celle du début de l'été, claire, intense, à l'ombre des arbres, d'une grande douceur. A l'horizon, le ciel tire déjà sur le blanc, une intensité dorée sous les yeux à demi fermés. Par instants, des résidus de vent viennent friper le mirage de l'eau et balaient sa surface de senteurs délicates, des mélanges d'origan et de résine ambrée.

  C'est là, dans un environnement analogue que le Bouddha, Siddhârta Gautama a médité pendant plusieurs années. Sous un pipal, un figuier sauvage, il a réalisé l'Eveil.


   À la première veille, il découvre l'ensemble des mondes. À la deuxième veille, il contemple la totalité des états de l'être. À la troisième veille, il connaît la Bodhi, l'Éveil, l'Illumination qui éclaire le monde cosmique et humain. Il découvre alors les “Quatre Nobles Réalités” destinées à soigner tous les maux. C'est la base de son enseignement. Ces quatre nobles réalités ont trait à la nature, à l'origine, à la cessation de la souffrance et à la façon d'y parvenir.


Méditation, dans « Le Bois des lumières ».
 C'est mon tableau préféré, je l'ai peint il y a longtemps, j'ai bien réussi la lumière, j'y ai mis de mon âme.

  Deux siècles après la mort du Bouddha, l'arbre fut entouré d'un temple. Un trône de pierre siège à l'emplacement où il se tenait entouré de ses disciples. Le vieil arbre n'est plus, mais l'un de ses descendants a majestueusement grandi en ce lieu.

   D'autres arbres ont ponctué la vie du Bouddha. Au cours de son enfance il connaît une première illumination sous un pommier rose. Il est dit aussi qu'il médita pendant quarante jours au pied d'un Tarânaga appelé “arbre du passage”. Il s'agit du passage où l'homme meurt à un état d'être pour renaître dans un autre état plus conscient. Peu avant de mourir, Siddhârta Gautama se coucha sous deux arbres jumelés qui se mirent à fleurir hors de saison. Il a véritablement passé sa vie à l'ombre des arbres en fleurs.



Les bonzes.
Un monastère est toujours un lieu élevé qu'il faut mériter d'atteindre par des chemins escarpés.
 
Dominique prend la vie à bras le corps, dans ses jouissances comme dans ses peines.
Il y a un an mon camion a brûlé avec toute ma peinture, sur le coup ça ne m'a pas fait rire, j' étais effondrée.

Les meilleurs souvenirs que j'ai ce sont des moments de peinture.



Peindre c'est Aller chercher en nous ce qui ne vieillit jamais.




 


Je peins toujours à l'atelier des Tupins ; à la maison j'aide mon mari qui fabrique des objets qu'il crée lui-même : des boîtes, des lampes, des décors pour chambres d'enfants, crèches décorées sur support de bois. 



Nous vendons par internet sur le site : Marco le Bois des Lumières :

Nous avons également une boutique en ligne :
https://www.etsy.com/fr/shop/leboisdeslumieres




 
Je l'aide à peindre, nous nous complétons, je participe par les idées et la peinture. Nous avons réalisé un mur entier peint pour la chambre de notre petit fils.












Peintures à l'huile : Dominique TAILLANDIER              Texte : Marie-Pierre BAYLE

samedi 17 février 2018

RAISONNEMENT DU PRISONNIER INTELLIGENT

SOLUTION DE L’ÉNIGME DU PRISONNIER INTELLIGENT



Résumons l'énigme :

3 prisonniers à qui le gardien raconte qu'il va accrocher dans leur dos un rond de couleur parmi :
  En fait sans leur dire il n'accroche que :
et détruit subrepticement les deux noirs.

Le premier des prisonniers qui pourra annoncer la couleur qu'il a dans le dos sera libéré.

Chacun voit la couleur des deux autres.


Raisonnement (c'est le prisonnier A qui pense et se met à la place de B et C) :

A pense : Supposons que j'ai un noir, B voit un noir et un blanc (celui de C). A se met à la place de B qui pense " supposons que j'ai un noir, C voit donc 2 noirs (celui de A et le mien) donc il sait qu'il a forcément un blanc (il n'y a que 2 noirs) et il est libéré. OR IL NE S'EN VA PAS. Donc, continue à penser B,  j'ai un blanc.
Mais A constate que B NE S'EN VA PAS, donc l'hypothèse que A avait formulée au début (j'ai un noir) ne marche pas ; donc A déduit sans se tromper qu'il a un blanc . Il est libéré.

Seul Pierre avait trouvé, mais peut-être était-il le seul à avoir cherché :-). Bravo à lui.

Par contre les crêpes au rhum de Michèle ont fait l'unanimité chez les participants de l'atelier de lundi (12 février 2018).





lundi 12 février 2018

LE PRISONNIER INTELLIGENT

LE PRISONNIER INTELLIGENT


Saurez-vous raisonner comme le prisonnier dont voici l’histoire telle que me la conta André Tissot  grand amateur de problèmes logiques ?
   "Au fin fond de l’empire vivaient, oubliés de tous, dans une forteresse délabrée et une cohabitation forcée, trois prisonniers et leur gardien.


Les jours se suivaient, monotones et sans espoir, rythmés par les trois repas, les deux promenades  dans la cour et la partie de dames que les prisonniers disputaient à tour de rôle avec le gardien, le laissant prudemment gagner le plus souvent.

Aussi lorsqu’une grande enveloppe scellée et couverte de tampons arriva par estafette un peu avant l’heure du déjeuner, le gardien éprouva-t’il fierté et inquiétude. Là-haut on se souvenait de lui, modeste rouage de la grande mécanique qui mouvait l’Empire, mais que lui voulait-on ? Il n’est pas toujours bon qu’on se souvienne de vous.

Il attendit l’heure de la sieste où la forteresse déjà silencieuse d’ordinaire se figeait en un temps mort. Il s’enferma dans son bureau, rectifia l’ordonnance de son uniforme, brossa et coiffa sa belle casquette galonnée de gardien-chef, fit de la place sur sa table de travail en écartant le jeu de dames et solennellement décacheta la grande enveloppe.


 À l’intérieur, une autre enveloppe plus petite contenant elle-même une enveloppe plus petite  etc.

En examinant leurs nombreux tampons, il découvrit que la missive parcourait depuis de nombreux mois les routes de l’Empire, séjournant parfois plusieurs semaines dans un bureau de poste avant qu’un fonctionnaire, pris d’un zèle soudain et inexpliqué ne l’expédiât, glissée dans une enveloppe plus grande, couverte de tous les tampons à sa disposition, vers la prochaine poste. Au bout de ces enveloppes gigognes il y avait une petite lettre dactylographiée portant en en-tête les aigles de l’Empire qui firent se dresser le gardien-chef en un garde-à-vous éperdu.


Il commença la lecture :

Au camarade gardien-chef, salut et fraternité,

Nous t’enjoignons par la présente et dans les plus brefs délais de choisir parmi les prisonniers confiés à ta garde le plus intelligent. À cette fin nous te laissons libre d’imaginer le moyen pour y parvenir. L’élu sera aussitôt conduit au poste de … et pris en charge par nos soins.

Notre grand Dirigeant dans sa mansuétude en l’incorporant dans une usine d’armement lui offrira l’occasion de racheter ses fautes envers notre bien-aimée Patrie attaquée sur ses frontières par les armées de la réaction.

 
La dernière partie de la lettre le laissa sans voix. On ne se contentait pas de lui donner un ordre, on lui en expliquait le pourquoi. On ne le considérait pas comme simple exécutant mais comme partie-prenante dans la politique de l’Empire. Peu s’en fallait qu’on ne lui demandât son avis voire un conseil.

Le gardien-chef savoura un moment son importance et se jura, les yeux humides, de ne jamais décevoir le Guide de la Nation.



Comment sélectionner le plus intelligent de ses trois prisonniers ? Son attention se porta sur le jeu de dames.

Après un temps assez long de réflexion il fouilla dans la paperasse de ses tiroirs, en extirpa des feuilles blanches, des dossiers à couvertures noires, un compas et une paire de ciseaux. Il s’activa jusqu’à l’heure de la promenade.

Camarades (il faillit les appeler « mes amis ») dit-il aux trois prisonniers convoqués dans son bureau, inquiets de cet imprévu.

Camarades, les hautes instances dirigeantes me demandent de choisir le plus intelligent d’entre vous pour l’appeler à un destin glorieux au service de notre chère Patrie. En échange il sera amnistié, bien nourri, bien logé et peut-être payé…
 

On voit que  dans l’exaltation de  sa tâche le camarade gardien-chef avait perdu tout sens des réalités. Les prisonniers d’ailleurs ne furent pas dupes, mais quitter la forteresse était déjà inespéré.


J’ai imaginé un problème de logique qui vous départagera. Voyez sur mon bureau ces trois ronds de carton blanc et ces deux ronds noirs. Vous vous alignerez face au mur et j’attacherai dans votre dos un rond blanc ou noir. Nous irons dans la cour de promenade. Vous pourrez voir la couleur du rond de vos camarades mais interdiction de leur parler. Le premier qui viendra me dire à l’oreille la couleur du rond qu’il porte dans le dos et m’expliquer le raisonnement qu’il a conduit sera l’élu.

Par contre, si vous vous trompez ou si vous ne pouvez expliquer votre raisonnement vous serez puni. Un seul repas par jour, une seule promenade et (ajouta-t’il avec férocité) plus de partie de dames pendant un an.

Face au mur messieurs!


Il attacha au dos des prisonniers les trois ronds blancs et, subrepticement, fit disparaître les deux ronds noirs dans sa poche.


Dans la cour de promenade les prisonniers réfléchissaient en lorgnant le dos de leurs codétenus.

Enfin, l’un d’eux s’avança le sourire aux lèvres vers le gardien-chef et lui parla longuement à l’oreille. Quand il eut terminé ce dernier cria aux deux autres prisonniers :

- Regagnez vos cellules.

 
Se tournant vers le plus intelligent :

- Prépare ton paquetage, ce soir ou au plus tard demain matin tu quitteras la forteresse. Un grand destin t’appelle, mon ami, au service de notre mère Patrie.

L’histoire ne dit pas s’il connut des lendemains qui chantèrent ou … déchantèrent."


Serez-vous aussi intelligents que ce prisonnier en essayant de trouver le raisonnement qui lui ouvrit les portes de sa prison.

Solution ici :

http://lestupinsmontbrisonnais.blogspot.fr/2018/02/raisonnement-du-prisonnier-intelligent.html

Article illustré par "Les prisons" de Piranese (vers 1750).

mardi 6 février 2018

JEAN-CLAUDE MASSARD - FLEUR DE VIE


FLEURS DE VIE


  Fleurs de chair, de peau, à fleur de peau... d'abord une rencontre sans les mots pour ne pas troubler le regard, le simple regard nu, admiratif, impartial et serein.       
          

  La rencontre avec les peintures de Jean-Claude se fait avec la fine pointe de l'âme sensible. La force sacrée des photos- peintures m'oblige un instant à cesser de bavarder. Me taire.

  Laissons-nous un instant pénétrer par le secret-sacré. Lorsque vous entrez dans un sanctuaire, vous refermez la porte derrière vous pour laisser le bruit du monde dehors. Entrez en peinture. Laissez-vous surprendre !

  Fleur-femme, femme-plante, intime et exubérante qui révèle de manière impudique son anatomie secrète comme une offrande généreuse et féconde à la Vie. 


  Sensibilité à fleur de peau, Séduction, Sensualité. Couleurs lumineuses, chaleureuses. Une peinture de l'émotion qui fuse à tout propos.

  Le langage pictural poétique employé par Jean-Claude emprunte-t-il à l'art floral et à la peinture japonaise ? : sobriété, dépouillement. Le dessin devient écriture et même calligraphie. 

BLEU : La peinture, comme la parole a le pouvoir de renverser le ciel.

  Jean-Claude bouscule nos codes, nos habitudes de voir et nous entrons avec lui en mode subconscient avec ses colères, ses révoltes, ses métamorphoses, ses labyrinthes, ses êtres magiques, mythiques et fabuleux.

  Parfois le dessin est l'expression d'une polémique, d'une querelle, d'une tension, d'une révolte à exprimer pour s'en libérer. Dans la série protestation, révolution, la croix-incarnation apparaît dans le ciel sinistre, à la fois dramatique et poignante. Dis avec un humour potache : « Jésus crie ».

  Tous les calvaires ont une fin, …...même les calvaires ont une faim. Vous avez le droit de l'écrire selon votre bon plaisir et peut être droit d'en sourire.

  Une expérience onirique à la Dali, un peu fou, un peu floue. 

La folle sagesse est à la mode et chacun d'entre nous, nous les artistes, nous soignons notre addiction à la « Tupine Thérapie ». Chacun à sa propre posologie, un dosage perso au local ou à la maison. Trois fois par semaine pour les plus atteints avec crayons, pinceaux et couleurs vives. On touille, on ta-touille, tri-touille un mélange étonnant de matières sur la palette. On ajoute volontiers une gâterie au goûter, un thé, un café, des biscuits, un pâté et plus si affinité. Bavardage et philosophie font bon ménage, humour et rigolade aussi et même de la mathématique, mais cela est une autre histoire et nous y reviendront bientôt. Ça marche entre nous et chacun repart plus guilleret, avec une réserve de sourire dans le cœur.

  Jean-Claude fait partie de notre bande. Artiste-peintre- musicien, homme de théâtre et même paraît-il bon cuisinier ! Humour et jeux de mots, notre ami multiplie les talents et monte sur scène pour jouer le rôle du père dans les Précieuses ridicules. A quand le prochain spectacle ?


Dans la série protestation, révolution, "L'oiseau à la patte attachée"

Le plaisir s’accroît quand le désir est empêché.
Cet oiseau-pensée qui toujours cherche à s'envoler.
Folle pensée toujours cherchera à s'émanciper.
Avez-vous penser au plaisir d'avoir un fil à la patte ! 
Tout est dans tout et son contraire bien entendu.

  Et enfin, le peintre au commencement. La naissance d'un tableau, toujours un moment heureux? Le peintre hésite mais c'est plus fort que lui. Il se lance, un premier trait, un premier jet et même s'il copie une image, une photo. C'est une peinture. A plus forte raison, sans modèle à suivre, la peinture sort de vos tripes, au delà des codes et du déjà-vu, mais c’est plus difficile, j'en conviens. La peinture, c'est plus fort que soi depuis l'aube des temps, la trace sur les pierres et les grottes avec n'importe quoi, ce qu'on a sous la main. 

Créer comme une démangeaison. 

Peintures de Jean-Claude MASSARD      -    Texte de Marie-Pierre BAYLE

samedi 27 janvier 2018

CHRISTIANE DUCLOS VUE PAR PRUNELLE

 


  Je suis Prunelle, jeune minette de dix ans, l'âme et la gardienne de la maison Duclos, rue du vieil Ecotay! Léonard de Vinci dit de moi que je suis une œuvre d'art, ce doit être vrai car Christiane a réalisé plusieurs fois mon portrait à l'aquarelle. Elle en est très fière. Admirez mes yeux verts, j'avais alors mon air timide. Les choses ont bien changé. 

  Ce qui est merveilleux avec nous les chats, c’est qu’il n’y a rien à faire, quand nous venons à vous les humains, il n'y a qu’à nous regarder, nous admirer, tendre l'oreille, nous écouter. Moi j'aime ça.
Je pose de longues heures allongée sur le canapé du salon, je guette du coin de l'œil les faits et gestes de mon Artiste peintre. Je guette ses soupirs, son insatisfaction lorsqu'elle n'obtient pas l'effet désiré, son pas plus traînant quand elle n'est pas en forme et surtout le ton de sa voix qui devient plus pointu et monte dans les aigus quand elle est furieuse. J'ai appris à repérer leurs émotions, leurs faiblesses et surtout leurs colères, alors, discrètement, je m'évapore dans le jardin.


  Être dans l'album de famille, au milieu des enfants et petits enfants, passer à la postérité, vous rendez vous compte pour un animal domestique, c'est une preuve d'amour, une promotion. Ils m'adorent et Christiane adore ses photos qu'elle regarde longtemps. Je feuillette avec elle, collée contre son nouveau pull en mohair.



  Le village de Bard réalisé à l'aquarelle, lors d'une exposition à la mairie par l'association des peintres d'Ecotay, sur le thème du village de Bard. 



  Leurs voyages en famille quand ils partent en vacances à Carcassonne ou près de Sète au bord de la mer, Guy et Christiane s'en vont souvent. Ils m'agacent, quand je vois sortir et passer sous mon nez leurs valises et leurs gros sacs, je sais que je vais avoir droit au dehors et à la solitude




  Ils me laissent seule en compagnie de mon distributeur à pitance que je dois défendre du pillage la nuit, face à une famille de hérissons affamés et d'infâmes matous toujours là à guetter. Les matous, j'en fais mon affaire. Ma fourrure a belle allure, « Noir c'est noir », je les effraie, mais le vieux grincheux du quartier l'autre jour m'a entamé une oreille.


  Il y a trois ans, Christiane est partie rejoindre sa fille au Canada à Montréal, elle nous en a parlé longtemps. J'étais la chouchoute de Mylène étudiante à Lyon, mais je quitte les lieux quand les deux petites filles du fils aîné arrivent pour les vacances beaucoup trop longues à mon goût. Leurs cris, leurs jeux violents me sont absolument insupportables. « Les chats c’est comme le papier, ça se froisse très vite» disait Guy de Maupassant.


  Il n'y a rien de plus docile qu'une maîtresse, encore faut-il bien savoir la dresser, lui faire comprendre quand çà suffit les caresses et que l'heure du casse croûte est arrivé! Mon secret je lui tourne autour en me frottant à ses collants ou au bas de son pantalon velours que j adore avec quelques miaulements appropriés. D'ailleurs ils ont fini par me faire mon passage perso dans le garage et la porte arrière du jardin. Dehors-dedans, ni vu ni connu. Vive l'indépendance. Il y a beaucoup d'espace autour de la maison rue du Vieil Ecotay. Les bois, je les adore.



  Mes patrons sont très actifs, Guy est souvent au jardin, mais Christiane à la cuisine et aux pinceaux. Ils ont des réunions à n'en plus finir, engagements sociaux dans l'équipe municipale, administratifs, associatifs, comité des fêtes. Que sais-je encore ! Ils disent que je suis une chatte élevée aux croquettes, mais j'adore les odeurs du Petit bois qui sent le vrai, le naturel, le sauvage. Le chien, ce grossier personnage va à la rivière. Lui je l'ignore. J'ai horreur de l'eau, je préfère prendre des bains de soleil

« Au commencement, Dieu créa l’Homme, mais le voyant si faible, il lui donna le chat ».Warren Eckstein

  Je peux vous faire une confidence : L'Humain ne nous ressemble pas, il est lourd, dépendant, pataud, gourd, raide, agité, désordonné, bruyant, souvent mal léché. Une anomalie génétique a doté certains hommes du sens de l'humour…Ici, je n'ai pas à me plaindre. Christiane affirme qu'elle est comme moi amoureuse de son indépendance, j'ai de la chance, les Duclos sont de fervents défenseurs des animaux. S'ils me voyaient dépecer les oiseaux, ils seraient horrifiés, ils croient naïvement que je me satisfais de leurs sachets lyophilisés. Regardez, mes yeux brillent de plaisir à la pensée de partir en chasse aux campagnols. Je les guette longtemps, j'entends leurs petits cris angoissés, ça m'excite. Le plaisir qu'il y a de saisir sous la fourrure chaude leurs cœurs palpitants. Je relâche un peu, la bestiole est sonnée, elle étouffe, alors je la reprends, je la serre plus fort pour sentir la vie peu à peu s'en aller dans ma bouche. Leur souffle vital qui passe en moi ! C'est divin. 



  Quand j'ai faim je les mange mais le nec plus ultra c'est de sentir sous mes crocs la chair molle des souris dodues. Je me répète, c'est plus fort que moi. Les humains sont de pauvres idiots, ils ne connaissent pas la chasse, la saveur de la chair vivante quand le cœur de la bestiole se débat et que je dois donner le coup de croc final.


« J’aime dans le chat cette indifférence avec laquelle il passe des salons à ses gouttières natales ». Chateaubriand



Texte Marie-Pierre BAYLE                      *                 Aquarelles Christiane DUCLOS


I


dimanche 21 janvier 2018

JANINE PERRICHON - PAPIER AQUARELLE ET PAPIER MARBRÉ


Une artiste de la reliure aux talents enluminés



   Passionnée par la connaissance des livres, de l'histoire des hommes et des cultures, Janine Perrichon découvre l'aquarelle par la reliure, le décor et la restauration des livres.

« Pour cela j'ai suivi des cours de reliure et de dorure à Paris. Actuellement j’anime l’atelier restauration /réparation des livres anciens à la Diana.». Elle a ainsi refait en entier un livre de médecine de 1640, traitant de l'art de se soigner par les plantes.


  Une voyageuse qui traverse les bousculades de la vie animée par une belle ténacité et un puissant feu intérieur. Ancienne prof de maths, grand mère et mère de quatre enfants, Janine a séjourné et voyagé un peu partout dans les pays d'Afrique pour accompagner son mari ingénieur directeur de jour dans les Mines de phosphates du sud tunisien


  Sa vie, une conquête permanente, d'abord une bataille à mener avec un corps bousculé et une santé défaillante. « Je pratique seule deux heures de gymnastique tous les matins, pour pouvoir continuer à marcher, plus de plaquettes et la moelle osseuse brûlée à cause d'un traitement médical ».


Soigner, réparer, défendre, aider, créer, deviennent une quête permanente qui occupe toutes mes journées.


  Étonnante Janine qui marche lentement, mais résiste plus longtemps. Érudite et fine connaisseuse à l'intelligence bien organisée, vive et percutante, une chercheuse qui aime travailler dans l'ombre.

Défendre les causes humanitaires et aider les amies et connaissances: 


"Je fais partie du Syndic de propriétaires de mon immeuble où j’ai diverses responsabilités et j'organise les sorties entre voisins. Bien sûr, je participe à plusieurs associations, peinture sur porcelaine, aquarelles ".



"Les hommes relient les livres, Les livres relient les hommes" citation de notre amie Maryse qui joue sur l'homonymie des sons et du sens de relier : créer du lien et confectionner une reliure. 



  Mercredi au local nous avons feuilleté le Livre de Journaux que Janine a fabriqué et relié avec les feuillets des photos reproduites lors de l'exposition universelle de 1899 à Paris. Une expo qui avait lieu tous les six ans. 



Nous nous sommes extasiés sur les Pavillons étrangers. A cette époque, la capitale découvre et expose les Trésors des cultures et civilisations d'Europe, d'Afrique, d'Asie et d’Extrême Orient ainsi que la richesse de nos colonies.


 Autre période, autre temps, autres mœurs. Admiration, peut être nostalgie !!





   L'aquarelle est dorénavant la technique artistique de prédilection de Janine. 



Le papier garde en réserve sa blancheur. Avec économie de moyens et précision du geste le peintre aquarelliste fait jaillir la lumière. 



Faire chanter la blancheur du papier à petits coups de pinceaux ou en larges aplats...



 Enfants de tous pays.... et même de Laponie.



Papier pour peindre à l'aquarelle et papier pour relier.
 
  Papier japon de réparation et papiers décorés. Arracher, Teindre, poncer, plier, plisser, froisser, réparer transformer un simple papier en un décor subtil et harmonieux. Rendre sa jeunesse à un livre ancien abîmé, plaisir de feuilleter, de lire d'admirer l'ouvrage accompli.



  Papier kraft ou papier glacé, papier Japon ou d'Arménie, papier chiffon, papier buvard, papier bavard, papier à lettres ou papier toilette, papier de soie, papier de Toi, le cœur en joie. Il en faut peu pour jouer, un crayon et du papier et le plaisir de partager, de se rencontrer, de se trouver en amitié, en affinité, en Pays de connaissance. Une riche et belle découverte. 

  Merci Janine pour tes explications et les précieux objets que tu nous as montrés. 

 Aquarelles  Janine PERRICHON                                                        Texte  Marie-Pierre BAYLE