dimanche 3 juin 2018

ON TROUVE TOUT À LA BROCANTE


Pour terminer en beauté l'exposition sur la brocante, dernière sous cette forme, aux Pénitents à Montbrison, voici un texte librement inspiré du thème. On aurait pu le lire au vernissage (s'il y en avait eu un).


On trouve de tout à la brocante ...





   De bric et de broc les objets chantent. C'est la fête à la brocante. Les plus habitués, au petit matin, la remorque ou le camion chargé. Arriver tôt, chercher, s'installer à la bonne place. Déballer, sortir des cartons : des nippes, des fringues, des ustensiles anciens un peu étranges, plusieurs tableaux, quelques bouquins, un vieux fauteuil, une chemise, plusieurs gandots, une lampe tempête. Tôt le matin pour les plus habitués, regarder, fouiner, zieuter pour découvrir l'objet rare, le plus ancien, le plus prisé. Un marathon, entre acquérir et se séparer, vendre ou donner, pour trois fois rien. A son goût, à sa convenance.



  Objets inanimés... Des objets cultes, sacrés, que l'on approche de loin, que l'on ose à peine toucher et des objets familiers, de table, de ménage ou de jardin, ancrés dans le quotidien: un beau verre à pied soufflé, une cocotte, un vieux coucou à marchander et des godasses à mettre aux pieds.

Des objets de Musée, des objets fétiches, des objets qui ont plusieurs vies, que l'on achète par coup de cœur, pour l'émotion, le sentiment, le souvenir, histoire de collectionneur amateur. 


   Avoir l'âme d'un collectionneur, un peu fétiche et fétichiste en quête de vieux grimoires ornés, enluminés sortis d'un coffre ancien caché dans le grenier. Des croûtes, que l'on découvre sous la poussière, au milieu des assiettes empilés, des nippes, des fringues, de vieux chapeaux et des cartons à déballer. Des gens parlent, marchandent et chinent . Chiner à la brocante pays d'Asie, ou d'Australie, Pays de rien, pays perdu, pays d'Anvers, d'endroits divers. Pays de moi, chacun pour soi, chacun le sien, de la campagne ou de la grande ville, frusques anciennes à la valeur sûre, à côté d'objets antiques, à arranger, à organiser, en faire tout un musée.



  Ce n'est pas parce qu'un vase un peu vieillot prend la poussière qu'il s'agit d'une antiquité de collection. Une marchandise récente mais rare et très demandée peut très bien avoir une valeur supérieure à une antiquité d'une centaine d'années. Se renseigner.



    On trouve de tout à la brocante, il suffit de fouiner, d'avoir du désir, beaucoup de désirs, d'imaginer et de rêver.

- Vous voulez changer de corps ou vous offrir de la compagnie ? On trouve de tout sur le marché.

Un corps mignon de neuf euros quatre vingt dix.



    Achetez un nouveau corps à moins de dix euros. C’est le premier prix, et vous avez le choix : un petit corps de poupée chiffon, deux foulards roulés en boule pour les seins et un short à dentelles pour vous tenir compagnie. Tout pour plaire à moins de dix euros.

    Et vous madame, si vous voulez un homme costaud, avec de la bonne chair dure, moelleuse douce et bien modelée, il vous faudra mettre plus cher. Ça peut monter à quelques millions d’euros selon la cotation de la bourse et du passé. Il arrive même qu’un corps bien coté dépasse les limites du marché.



   Messieurs, selon les arrivages, un corps de femme pas cher, juste un grand pan de tissu noué, même pas troué, un seul œil visible, exceptionnellement je vous le laisse à cinq euros. Ça tient compagnie, un corps voilé la nuit et puis vous pouvez en changer.



   Pour vous mesdames, j’ai exceptionnellement un arrivage de corps libyens, pour votre libido, des corps jeunes, noirs ou bronzés et même cicatrisés. Des corps tendus, à prendre avec soi pour tenir compagnie, se blottir et embrasser la nuit.


   Je veux un corps pour changer selon l’humeur et la bonté. Je veux un corps d’amour pour le dimanche, avec des avantages, des opulences et même des fioritures. Je veux un corps à moi, à prendre dans mes bras, un corps que je promènerais en ville, qui marcherait en silence à côté de moi. Un corps que j’aimerais. Un corps de grand bronzé à l’allure délurée.



   Et un corps transfiguré, un corps désincarné vous avez ? Pour le récit ce serait plus présentable!»




   La précieuse existence humaine, est difficile à obtenir et facilement perdue. Il serait bon de pouvoir en changer. Offrez-vous le luxe de vivre quelque temps dans un corps différent et de trouver de la compagnie à tout moment ».


"Objets inanimés avez-vous donc une âme qui s'attache à notre âme et la force d'aimer! "

 Texte Marie-Pierre BAYLE    -    Photos LE BAL DES OURSONNES

mardi 29 mai 2018

LA BROCANTE AUX PÉNITENTS 2

Visite virtuelle de l'exposition sur le thème de la brocante au foyer du Théâtre des Pénitents à Montbrison.

Sur les photos de cet article les murs noirs et l'éclairage particulier ne rendent pas justice aux couleurs des tableaux exposés . Une visite s'impose pour les apprécier "de visu".

Un comité d'accrochage dévoué et rodé  à cet exercice.


Un "thé-café" était proposé à nos visiteurs ce lundi après-midi.

Françoise Grossmann, adjointe à la culture à la Mairie de Montbrison, nous a rendu visite.

Commençons la visite par les murs des aquarellistes.


 Michel VALHORGUES


Michèle LANDROT

Janine PERRICHON

Éliane GEORGES


Jean-Claude VERNAY


Christiane DUCLOS

Un pastel de Théo ROSSLER

Continuons par les peintures à l'acrylique et à l'huile.

Claude MEYNIER


Pierre COMBAT

Marie-Henriette BORY

Michelle PALLAY (à droite une aquarelle)

Anne-Marie REYNAUD

Sylvaine LEROY

Marie-José MICHEL-KAWA

Marie-Pierre BAYLE

Christiane CHEVALEYRE

Corinne PLANCHAIS (collage et acrylique)

Jean VALETTE

ANOUCH (acrylique sur canevas et inclusion d'objets de brocante)

L'exposition est visible 
du lundi 28 mai au vendredi 1° juin 2018 de 14h à 17h au Théâtre des Pénitents.

Présence d'exposants pour présenter l'exposition.

vendredi 25 mai 2018

LA BROCANTE THEÂTRE DES PÉNITENTS

Sur le thème de la Brocante les Tupins seraient heureux de vous présenter leur exposition lundi 28 mai de 15h à 16h30 autour d'un thé-café au Théâtre des Pénitents à Montbrison.
Présence de peintres les cinq après-midi d'exposition.

Le Progrès, 26 mai 2018

mardi 22 mai 2018

LA CARTE ET LE TERRITOIRE - ELISABETH IMBERDIS


Les peintures d'Elisabeth évoquent souvent la terre vue de haut, un univers de rêve, à la fois intense, insaisissable et précis.


 Avec ses couleurs lumineuses, éthérées, nous découvrons des lieux inconnus, des lieux énigmatiques, nous surplombons la terre, les montagnes.

« J'aime me poser face au paysage et rester longtemps. Devant l'immensité de la mer, je me sens minuscule, une petite, une infime parcelle de l'univers».
«Les voyages, l'Afrique toute petite, la terre minuscule, une simple boule, des glaciers, une multitude de chemins, des spirales de mondes inconnus, les étoiles. J'essaie de mettre tout cela dans mes peintures». 


Contempler pour peindre, entrer dans la magie du rêve, me fondre et goûter un sentiment océanique.
Lors de nos voyages, en camping-car, j'aime passer du temps seule face au paysage, entrer en communion avec la nature. Entrer en patience, ….autrefois j'ai pratiqué la dentelle au fuseau.


 La carte et le territoire
Pour réaliser cette peinture à dominante ocre jaune, Elisabeth s'inspire d'écailles d'ananas, de coquilles aux tons jaune éclatants, d'écorces d'arbres, de cailloux. Répétition de signes, points, spirales, traces, lignes géométriques, chemins, des jardins, une dominante de couleurs ocre, jaune orangé, des traces brunes pour attirer et questionner le regard.. Une vision aérienne qui évoque des paysages, jardins, territoires, continents. La terre vue d'en haut.

«Cette toile a été choisie par ma fille qui affectionne le baiser de Klimt».

Elle me fait penser aux cultures aborigènes d'Australie , une carte, un territoire, avec des énigmes à résoudre. Des signes sacrés, camouflés derrière des points ou des pigments colorés, toujours liés à un territoire, un itinéraire, site, grotte, point d'eau.
L'art traditionnel est d'abord spiritualité, d'abord un hommage à la déité ou à l'esprit ancestral créateur. Il s'agit par le rituel de réanimer l' énergie créatrice et d'assurer la protection.
Un lieu couleur de terre chaude, ocre et terre de Sienne, un lieu où s'aventurer par le regard intérieur. L'art chamanique des cartes, une figure énigmatique et propitiatoire.

Je pense aux cérémonies traditionnelles du Bouddhisme tibétain avec les mandalas de sable et de poudres colorées de grande dimension, plusieurs mètres de diamètre, que l'on détruit et disperse après le rituel, comme le pratique encore le Dalaï Lama lorsqu'il vient en occident.
Impermanence. Interdépendance. Voyages et itinérance. Nous portons l'univers en nous-mêmes. Partir, revenir, regarder, se poser face à la mer, l'esprit en voyage, en contemplation.

Les nouvelles formes d'expression artistique viennent rejoindre l'énorme réservoir d'inspiration que constitue le Temps du Rêve. Elle a permis aux aborigènes d'Australie d'exorciser le souvenir des massacres impunis.

Braque et Toffoli, les peintres favoris qui inspirent Elisabeth.

Braque né en 1882 rencontre et travaille avec Picasso. Ils créent ensemble le cubisme en 1907.
Ce que leur rencontre fait surgir, c'est que le motif n'est plus la peinture. C'est la composition, par ses rythmes contrastés, qui révèle une forme-peinture, que l'on peut lire ou découvrir à travers le motif.
Braque avait déjà commencé sa propre révolution avec Nu debout ,



 une encre sur papier de petit format (31×20cm), dans lequel le peintre a déjà expérimenté une construction du corps en formes géométriques.

Pour Toffoli, peintre français né en 1907, les personnages s’imposent d’emblée au visiteur par la lumière transparente traversant toutes les formes. Elle semble sortir des peintures, l’impression de pureté qui s’en dégage crée une profonde intimité avec les personnages.



 Louis Toffoli serait à la recherche d’une vérité intérieure inhabituelle, les couleurs et les lumières font chanter les motifs et ravissent le spectateur. 

Elisabeth inspirée par les peintres cubistes aime bousculer les formes, transformer, transfigurer à sa manière le réel.
L'univers de la Peinture est notre plus intime liberté.



Peintures : Élisabeth IMBERDIS                           -                           Texte : Marie-Pierre BAYLE

mardi 8 mai 2018

PEINTURE AU MOULIN DES MASSONS

Un soleil radieux et chaud pour marquer cette dernière journée d'exposition au Moulin des Massons.



 Une journée peinture ayant été prévue, on part sur le motif d'un pas décidé.


Reste à monter les chevalets d'extérieur sans s’emmêler les pinceaux, un vrai casse-tête.


Présentation des pleinairistes à l'œuvre.

Le look et l'installation pro.

Ça turbine au moulin !

On peut être artiste et aimer son confort.

Coups de soleil en prévision.


Le travail de l'alchimiste.

 La pose photo.

À midi et demi pique-nique à l'ombre.

André nous avait mis au frais de la bière munichoise qui a bien failli descendre le cours du Vizézy avant de descendre dans nos gosiers assoiffés par la chaleur.


Voici les travaux en fin d’après-midi ; certains sont à peaufiner en atelier. 

Vous retrouverez facilement les auteurs.

À l'atelier les deux ânes sont ajoutés pour équilibrer la composition.


 



  







Un dimanche à la campagne et un vrai plaisir de reprendre les sorties peinture pour cette année.