jeudi 28 décembre 2017

LES MONDES PARALLÈLES DE MONIQUE SCALA

 Vous avez en mémoire les célèbres portraits antiques du Fayoum, ces femmes au regard noir profond, aux yeux démesurés, au visage allongé avec l'arête du nez bien marquée. Un regard si profond qu'il va fouiller dans votre âme et peut glisser d'un monde à l'autre comme dans les peintures tellement riches en couleurs de Monique. Vision de mondes parallèles qui se superposent et s'influencent.



 Notre amie peintre n'a-t-elle pas une lointaine parenté égyptienne, ne serait-elle pas la descendante d'une ancestrale princesse de la période romaine du premier siècle après J.C., peut-être elle-même artiste ? Même regard profond, nez puissant aux angles bien marqués, la chevelure brune méditerranéenne et le caractère bien trempé.


  Les toiles de Monique hautes en couleurs, puissantes et affirmées, allient subtilement abstraction et figuration. Forces à l'état brut avant la domestication de l'homme, avant la civilisation, avant le langage. Une libération d'énergie L'inverse d'une peinture bavarde, l'artiste va à l'essentiel, une peinture non cérébrale, comme venue des tripes et pourtant totalement maîtrisée. 






 De la lumière semble surgir de la toile elle-même, des formes sont en train de se créer, des mondes en train d'apparaître sous nos yeux fascinés par tant de puissance évocatrice. Ne vous y trompez pas, si Monique peint de manière virtuose, elle a appris tôt, laissons-la nous raconter.



« Enfant je dessinais avec ma mère qui m'offrit mon premier livre de reproduction de peintures. J'aime Gauguin, Modigliani et Nicolas de Staël. A l'école normale, une prof d'art merveilleuse , belle, passionnée et passionnante à écouter. La vie et les années passant, il m'arrivait de crayonner jusqu'au jour où, il y a quinze ans, j'ai trouvé dans ma boîte aux lettres un mot m'informant de cours de dessin-peinture à la mairie de mon village. Il me fut suggéré de tenter l'aquarelle et à la deuxième réalisation je fus satisfaite et le processus était enclenché. Revenue dans la Loire c'est à Saint-Galmier que j'ai continué quelques années mon apprentissage dans le mouillé, mais aussi huile et acrylique . Mes artistes contemporains préférés : la peintre japonaise Rika Ayasaki et aussi Loilier ».






  Antelope Canyon  nous propose un paysage bien réel mais l’œil peut aussi contempler l'intérieur en forme de grotte d'une cage thoracique humaine suggérée fortement par la couleur chair des parois et l'ouverture en courbe, sur le haut de l'image. Dedans/dehors, habile suggestion et belle ambiguïté possible, permise par une grande maîtrise de la technique. L'intérieur d'un corps humain dans son ajustement costal miraculeux, des chairs, des muscles mais spiritualisés par le choix des couleurs. Une peinture qui m'émeut, que j'aurais aimé pouvoir peindre. Nous touchons à la magie, à la spiritualité. 





 Dans l'île aux pins, les bois sur la rive, comme des bras, des mains qui agrippent le bord, accrochent la terre, pour sortir du néant. Une quête sans cesse à recommencer. Peut être une peinture de Naissance, accentuée par la force évocatrice des bleus, un continent Mu en train de naître. Accouchement de corps qui sans cesse arrivent à la vie.


Magie et spiritualité.




Envol de l' esprit vers les hauteurs du ciel. 


        Acryliques de MONIQUE SCALA              -            Texte de MARIE-PIERRE BAYLE



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